acrimonie


acrimonie

acrimonie [ akrimɔni ] n. f.
• 1801; « âcreté » 1539; lat. acrimonia
Mauvaise humeur qui s'exprime par des propos acerbes ou hargneux. aigreur, hargne. Il répondit sans acrimonie à ses adversaires. ⊗ CONTR. Douceur.

acrimonie nom féminin (latin acrimonia, âcreté) Caractère agressif de quelqu'un, qui se manifeste dans l'humeur ou dans l'aigreur du langage. ● acrimonie (difficultés) nom féminin (latin acrimonia, âcreté) Orthographe Sans accent circonflexe sur le a, comme acrimonieux, acrimonieusement, et malgré âcreâcre. Registre Langue soutenue ou littéraire. S'oppose, dans le même registre, à aménité. ● acrimonie (synonymes) nom féminin (latin acrimonia, âcreté) Caractère agressif de quelqu'un, qui se manifeste dans l'humeur ou...
Synonymes :
- âpreté
- causticité
Contraires :
- affabilité
- aménité

acrimonie
n. f. Mécontentement qui s'exprime par des paroles blessantes. Parler avec acrimonie.

⇒ACRIMONIE, subst. fém.
A.— Vieilli
1. MÉD., vx. Âcreté corrosive. L'acrimonie du sang, des humeurs, d'une substance agissant sur le corps :
1. Souvent l'altération de la lymphe se manifeste par une acrimonie singulière des humeurs, par des éruptions rongeantes, par des tubercules cutanés, par des excoriations ulcéreuses, d'un caractère opiniâtre et féroce. Dans ces circonstances, l'irritation des extrémités sentantes des nerfs est extraordinaire; le système tout entier est dans un état d'inquiétude, plus ou moins violent. Suivant le degré de cet état, il se développe des appétits, il se forme des habitudes de différentes espèces. Le degré le plus faible ne produit qu'une excitation incommode; il en résulte une certaine âpreté dans les idées...
P. CABANIS, Rapports du physique et du moral de l'homme, t. 1, 1808, pp. 466-467.
2. Dans la lang. commune :
2. Il avait avalé plus d'un quarteron de tabac à fumer... [fait inouï], introduire en si grande quantité dans son estomac, une substance qui, par son acrimonie, ne peut avoir que de funestes effets.
F. VIDOCQ, Mémoires de Vidocq, chef de la police de sûreté, jusqu'en 1827, t. 3, 1828-1829, p. 407.
Rem. Au sens propre, la valeur sém. de acrimonie est très proche de celle de âcreté (cf. rongeant, opiniâtre, féroce dans l'ex. 1, funeste dans l'ex. 2). Ce sens est enregistré par tous les dict. du XIXe s. DG, le déclare vieilli et ROB. peu usité, sans indication sur son emploi. Encore mentionné ds Lar. 20e (acrimonie des humeurs), il est absent ds Lar. encyclop., Lar. 3, Pt ROB., et DUB.
B.— Au fig. [S'applique à une pers., à son caractère, à sa conduite, et particulièrement à ses paroles...] Aigreur qui est ou qui paraît méchante, blessante :
3. Vous avez fait à la monarchie légitime une guerre assez rude, vous lui avez porté des coups assez éclatants pour être généreux après la victoire. Aujourd'hui, l'adversaire est désarmé et à terre, et votre vers incisif le poursuit encore. Dès le début de votre pièce, vous montrez votre haine terrible pour cette famille que l'exil frappe pour la troisième fois. Vous leur faites vos sanglants reproches avec la même acrimonie et le même fiel que s'ils étaient encore sur le trône.
H. DE BALZAC, Correspondance, 1831, p. 518.
4. Public exécuteur, il [Juvénal] a peu d'harmonie,
Mais de la bile à force et de l'acrimonie.
A. POMMIER, Crâneries et dettes de cœur, 1842, p. 63.
5. Cet empoisonnement mutuel de la vie de chacun par chacun est une des choses qui me répugnent le plus dans notre société. Et ceux qui devraient l'exemple de la réserve et de la charité, sont souvent encore plus dénigrants que tous les autres. « Ne jugez pas, afin de n'être pas jugés. » — On suspecte, incrimine, noircit les actes et les intentions avec une mauvaise joie que pour ma part je trouve hideuse. L'acrimonie vigilante, les insinuations perfides, les commentaires fâcheux, les inventions gratuites, la commisération hypocrite et toutes les variantes de ce Protée qu'on appelle la méchanceté abondent, pullulent à tous les étages et dans tous les cercles de cette ville acide.
H.-F. AMIEL, Journal intime, 11 févr. 1866, pp. 129-130.
6. Elles avaient l'acrimonie facile des filles, mais aussi le manque absolu de toute rancune,...
G. COURTELINE, Le train de 8 h 47, 1888, p. 173.
7. Je regardai Anne. Elle considérait Elsa avec calme, détachement, comme elle regardait les mannequins qui présentaient ses collections ou les femmes très jeunes. Sans aucune acrimonie. Je l'admirai un instant passionnément pour cette absence de mesquinerie, de jalousie.
F. SAGAN, Bonjour tristesse, 1954, p. 147.
P. ext., au plur. Paroles blessantes ou sujets de discorde :
8. Après avoir réfléchi, Gérard s'écria : « ce Montaigne est un misérable! » Tout le temps du dîner, il éclata en telles acrimonies contre le sceptique, que Giraud lui demanda la raison de sa colère subite.
CHAMPFLEURY, Les Aventures de Mademoiselle Mariette, 1853, p. 220.
Rem. 1. En ce sens, il est souvent en assoc. avec fiel (ex. 3), méchanceté (ex. 5), rancune (ex. 6), mesquinerie, jalousie (ex. 7), colère. P. oppos. à âcreté, acrimonie n'a pas, au sens fig., la même vigueur; il désigne plutôt un trait de caractère permanent, un état d'esprit : ,,Acrimonie désigne une disposition constante à l'âcreté, tandis que âcreté peut s'appliquer à ce qui se fait sentir actuellement ou vient de se faire sentir.`` (LITTRÉ). 2. Syntagmes fréq. : avec acrimonie (ex. 3), sans acrimonie (ex. 7).
Prononc. — 1. Forme phon. :[]. Enq. : //. 2. Dér. et composés : acrimonieusement (cf. Lar. encyclop.), acrimonieux.
Étymol. ET HIST. — 1. Sens propre a) 1539 « acuité (d'une sensation reçue) » (J. CANAPPE, Tables anat., IV ds R. Hist. litt. Fr., I, 488 : L'acrimonie ou l'acuité de son sentiment); b) 1542 « aigreur des humeurs » terme de méd. (DU PINET, Pline, XXX, 8, ibid. :Le bouillon de chappon est fort propre... a mitiguer les acrimonies et mordactiez [mordacitez] du ventre); 2. emploi fig. 1801 (S. MERCIER, Néol. ou vocab. de mots nouv., s.v. :Il a dans le caractère une Acrimonie que rien ne peut corriger).
Empr. au lat. acrimonia, attesté dep. Caton au sens « âcreté (en parlant d'une plante, d'un produit) » (De agricultura, chap. 157, 5 ds TLL s.v., 431, 51); le plus souvent terme de méd. (Pline, Cael. Aurelian.) emploi fréq. en relation avec n. de plantes, de substances, de médications; cf. avec 1 b, PLINE, Nat. hist., 22, 259, ibid., 431, 78 (acrimoniam stomachi) et CAEL. AURELIAN, Acut. passion., 2, 54, ibid., 431, 79 (acrimonia humorum); emploi fig. dep. Cicéron (De inventione, II, 143 ds TLL s.v., 432, 22 : Omnem eius [argumenti] illam vim et acrimoniam lenierit et diluerit), fréq. comme terme de rhét.
STAT. — Fréq. abs. litt. :33.
BBG. — BAR 1960. — BÉL. 1957. — GUIZOT 1864. — LAF. 1878. — LITTRÉ-ROBIN 1865. — NYSTEN 1814-20. — Synon. 1818.

acrimonie [akʀimɔni] n. f.
ÉTYM. 1539; du lat. acrimonia « âcreté ».
1 Méd. anc. Vx. Disposition à l'âcreté. || L'acrimonie du sang, des humeurs.
2 (1801). Mod. Mauvaise humeur, aigreur, qui s'exprime par des propos acerbes ou hargneux. Aigreur, âpreté, hargne. || Réclamer qqch. avec acrimonie. || Il a répondu sans acrimonie à toutes les attaques.
1 Elle souriait du coin des lèvres. Son regard était ironique et affectueux. Il constata avec acrimonie qu'elle s'obstinait à le prendre pour un enfant.
H. Troyat, La tête sur les épaules, p. 192.
2 Je le dis sans acrimonie : ce journal est le plus régulièrement pillé de mes livres.
J. Green, Journal, Ce qui reste de jour, 16 janv. 1971.
CONTR. Affabilité, aménité, bienveillance, douceur.
DÉR. Acrimonieux.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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